pablo picasso, zoals gewoord door andré malraux

door johan_velter

pablo picasso_andre malraux_mousquetaire et nu assis

Zonder André Malraux was er geen Picasso-museum en stond de Franse cultuur op een lager niveau. Hij is het schoolvoorbeeld van hoe een politicus zou moeten zijn – en niet, zoals hier, waar ministers, ruimer politici, geen vakkennis moeten hebben en betaald rondwauwelen – niet te verwonderen dat hun beleid bepaald wordt door parasieten die zichzelf in leven willen houden ten koste van het domein waarvoor ze zouden moeten werken. De coconuts die zich verbergen in de ‘cul  & con’-structuren, de onder valse naam opererende legen (de valse naam ‘Cultuurconnect’ bijvoorbeeld, is een oneigenlijk gebruik), hebben de macht veroverd – om met die macht slechts op een psychologiserende wijze om te gaan. Omdat er geen  structurele inzichten meer zijn, is de mogelijkheid op een linkse, dus humane maatschappij, verloren gegaan. Als een oorlogscolumniste als Rachida Aziz zonder blikken of blozen de islamistische terroristen gelijk mag stellen aan de vervolgde Europese joden, dan zijn de hellepoorten opengegaan. Het Europese pacifisme en het humanisme zelf worden verdacht gemaakt, men doet alsof de intelligentsia niet bestaat. – omdat die intelligentsia zelf niet meer reageert, verdwaald zit in een onmachtig denken. (De kruideniersmentaliteit van Eddy Wally wordt geprezen, over Pierre Boulez wordt gezwegen : letterlijk: men heeft over de tweede niets te zeggen en over de eerste vergeet men doelbewust wat Johan Anthierens gezegd heeft – zijn walging die we elke dag missen.)

Het islamisme heeft dus reeds door het denken verdacht te maken, door het streven naar een menswaardige oplossing als een discriminatie te beschrijven, door de beeldende kunst als een aanslag te zien de overwinning behaald. En het laatste is waar: de grote kracht van het Westen: te denken en te kunnen tegendenken in 1 schilderij, te leven en te kunnen tegenleven in 1 boek, te werken en te kunnen tegenwerken in 1 leven – terwijl de ander slechts de dood wil celebreren en de metamorfose niet begrijpen kan. De huidige tegenstelling tussen Oost en West is dan ook een intellectuele tegenstelling: de ander die het ons niet begrijpt. Hun leugens zijn een bewuste en beluste onwetendheid. Wie niet weet, doodt. Het is het simpele, eenduidige beeld van de domme lomperik dat aangevallen moet worden. De krachtige vorm is het tegendenken; hoe paradoxaal het ook is: oorlogsdenken is een zwak, grensloos gevoel, gevoed door ressentiment en onwetendheid; het pacifisme is een vormende lijn.

Zijn boek « La tête d’obsidienne » (Gallimard, 1974) is een werkelijk boek, het is door Malraux zelf geschreven, hij heeft een eigen visie en hij heeft mensen werkelijk gesproken. (Het is misschien toeval maar het is opvallend hoeveel keer Picasso (Malraux?) in zijn zinnen het woord « non ?» opneemt: hij voert een werkelijk gesprek, hij wil zijn gesprekspartner betrekken in zijn denken, hij zoekt bevestiging en hij is geïnteresseerd in de ander. Zo ook het woord « peut-être » : hij laat ruimte voor een tegenstem, voor twijfel, hij laat de ander spreken en kijken, hij haalt de ander aan als is hij een denkkameraad.)  André Malraux is 1 van de enigen die het werk van de late Picasso hebben verdedigd en daardoor blijk gegeven hebben van een artistiek en epistemologisch begrip van dat oeuvre. Malraux is belangrijk – en belangrijker nog dan we denken – omdat hij de vormengelijkenissen in verschillende culturen heeft aangetoond en via de esthetische beroering naar een ethische waardering is kunnen gaan. (Om de ethische kracht van  iemand te zien, moet men zijn esthetische kennis peilen.) Ook voor hem is de metamorfose het centrale begrip.

In dit boek verhaalt hij hoe hij samen met de weduwe door het laatste woonhuis/atelier van Picasso dwaalt en hij haalt herinneringen op aan een gezamenlijk verleden. De stijl zouden we impressionistisch kunnen noemen maar dat brengt te veel kleur en licht binnen, de manier waarop Malraux schrijft is juist die van de schemer, de dood van  Picasso, zijn eigen levensavond, de schemerige hoeken, de verlaten schilderijen, de woorden die stil gesproken worden : hij schrijft de schaduwstijl.

Zo spreekt Picasso in de woorden van Malraux – en Malraux bevond zich toen reeds in de situatie dat men de grootste schilder niet meer als een belangwekkende wilde zien: « Mais les héritiers de ses formes rejetaient son esprit, les héritiers de son esprit n’acceptaient pas ses formes. » (p. 78)

« Si nous donnons une forme aux esprits, nous devenons indépendants. » (p. 18) « Il faut bien qu’elle existe, la nature, pour qu’on puisse la violer. » (p. 24)

‘ Il me répondit qu’en effet, il ne croyait guère aux sujets, mais qu’il croyait aux thèmes – à condition de les exprimer par les emblèmes : « On peut exprimer la mort par le Tres de Mayo ; ou par le crâne, on le fait depuis longtemps … mais pas par un accident d’auto. » ’(p. 42))

« Il y a un moment, dans la vie, quand on a beaucoup travaillé, les formes viennent toutes seules, les tableaux viennent tout seuls, on n’a pas besoin de s’en occuper ! » Et, après un moment : « Tout vient tout seul. La mort aussi. » (p. 51))

‘ « Oui, dit-il, répondant à lui-même plutôt qu’à moi : il y a la vie, et il y a la peinture … » Le ton signifiait : en face de la vie, il n’y a que la peinture. Braque aussi m’a dit cela, au temps où sa mort approchait.’ (p. 60))

« Vous connaissez les proverbes chinois, vous, le Chinois. Il y en a un qui dit ce qu’on dit de mieux sur la peinture : il ne faut pas imiter la vie, il faut travailler comme elle. Travailler somme elle. Sentir pousser ses branches. Ses branches à soi, sûr ! pas à elle ! C’est ce que je fais maintenant, non ? » (p. 61))

« La peinture n’est pas fait pour les salons des gens ! » (p. 62))

« L’art n’est jamais chaste ! » (p. 64))

[Toen Picasso nog (en nog) zijn kubisme moest verdedigen : ] « En tout cas, c’est un tableau! » (p. 75))

« Le chat mange l’oiseau, Picasso mange le chat, la peinture mange Picasso… Elle a grignoté Vinci, la sculpture nègre mange les Nègres, c’est la même chose. Seulement, ils ne l’ont pas su. A la fin, c’est la peinture qui gagne. » (p. 92))

« Il faut réveiller les gens. Bouleverser leur façon d’identifier les choses. Il faudrait créer des images inacceptables. Que les gens écument. Les forcer à comprendre qu’ils vivent dans un drôle de monde. Un monde pas rassurant. Un monde pas comme ils croient … » (p. 101)

« Quand les gens veulent comprendre le chinois, dit Picasso, ils pensent : il faut que j’apprenne le chinois, non ? Pourquoi, ils ne pensent jamais qu’il faut qu’ils apprennent la peinture ? » (p. 106))

« On juge toujours, quand on ne sait rien ! » (p. 107))

« On croit qu’on regarde, non ? Ce n’est pas vrai. On regarde toujours à travers des lunettes. » (p. 107))

« Pourtant, la peinture, on ne sait pas comment ça vit. Comment ça meurt. Personne ne peut parler de la peinture. Je peux parler de Van Gogh. Peut-être. Pas de la peinture. » (p. 109))

« Bien sûr, c’est difficile. C’est la peinture. En peinture, les choses sont des signes ; nous disions des emblèmes, avant la guerre de quatorze… Qu’est-ce que ce serait, un tableau, si ce n’était pas un signe ? Un tableau vivant ? Ah, bien sûr, si on était artiste-peintre ! Mais quand on est seulement Cézanne, ou le pauvre Van Gogh, ou Goya, alors on peint des signes. » (p. 110))

« C’est ce qu’il faut. Il faudrait aussi peindre de la peinture sans âge. Il faut tuer l’art moderne. Pour en faire un autre. » (p. 116))

« L’histoire du goût, je m’en fous. » (p. 116)

« Si je regarde ma main, c’est le destin, elle change au cours de la vie, non ? Je veux voir pousser mes branches. C’est pour ça que j’ai commencé à peindre des arbres ; pourtant je ne les peins jamais d’après nature. Mes arbres, c’est moi. » (p. 127))

« Le peintre prend les choses. Il les détruit. En même temps, il leur donne une autre vie. Pour lui. Plus tard, pour les gens. Mais il faut transpercer ce que les gens voient, la réalité. Déchirer. Démolir les armatures. » (p. 128)

« Le mot le plus important, peut-être c’est le mot : tension. La ligne devrait … ne même plus vibrer : ne plus pouvoir … Mais il n’y a pas que la ligne. Il faut trouver le plus grand écart. La tête qui devient un œuf. » (p. 129))

« Après tout, on peut seulement travailler contre. Même contre soi. C’est très important. La plupart des peintres se fabriquent un petit moule à gâteaux, et après, ils font des gâteaux. Toujours les mêmes gâteaux. Il sont très contents. Un peintre ne doit jamais faire ce que les gens attendent de lui. Le pire ennemi d’un peintre, c’est le style. » (p. 131))

« Mais il sait bien qu’au fond, on fait toujours la même chose : la peinture, la mort, la vie … » (p. 135))

« Il y a eu des artistes-peintres qui ont peint pour le plaisir de l’œil, le genre joli ; maintenant, il y a les artistes-peintres qui peignent seulement pour le déplaisir de l’œil, c’est pareil, non ? Autre chose : nous avons eu le goût des objets-de-rebut. Je l’ai toujours. Maintenant, ils ont le goût de détritus. Chiqué ? Vite dit. Il faudrait réfléchir. Ils finiront par vouloir brûler les tableaux. Les peintres en ont envie depuis longtemps .. C’est plus lourd qu’on ne croit, la liberté ! » (p. 141-142))

« La couleur affaiblit. » (p. 145))

« Les fétiches sentent que les choses ne sont pas comme les gens croient … Ils sont des armes … » (p. 163))

« On croit qu’on fait une idole, on fait une sculpture, grommelait Picasso. N’importe comment, une vraie image est une image capable de courir l’aventure, non ? Le départ du bateau, c’est la mort du peintre. » (p. 252))

« Ce que j’ai fait, le guidon-selle, tout ça, ça ne suffit pas : il faudrait trouver une branche, et qu’elle devienne un oiseau. » (p. 259))

« Le style, m’a-t-il-dit, c’est quand on est mort : voyez les Gisants ! » (p. 261)

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