over miskweekten en een vette os

door johan_velter

over miskweekten in gent

LIII

– Quelle est cette terre ? demanda l’hôtesse buvant au hanap d’Ulenspiegel.

– C’est, dit-il, une terre où l’on sème la graine d’illusions, d’espérances folles et de promesses en l’air. Mais tu ne naquis point au clair de lune, douce hôtesse à la peau ambrée, aux yeux brillants comme des perles. C’est couleur de soleil que l’or bruni de ces cheveux, ce fut Vénus, sans jalousie, qui te fit tes épaules charnues, tes seins bondissants, tes bras ronds, tes mains mignonnes. Souperons-nous ensemble ce soir ?

LVII

Monsieur du baudet, disait-il cheminant, tu cours derrière mon bouquet de chardons, maigre pâture, et laisses derrière toi le beau chemin tout rempli de ces plantes friandes. Ainsi font tous les hommes, flairant, les uns le bouquet de gloire que Fortune leur met sous le nez, les autres le bouquet de gain, d’aucuns le bouquet d’amour. Au bout du chemin, ils s’aperçoivent comme toi avoir poursuivi ce qui est peu, et laissé derrière eux ce qui est quelque chose, c’est-à-dire santé, travail, repos et bien-être au logis.

Charles De Coster, La légende et les aventures héroïques, joyeuses et glorieuses, d’Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs (1867)

 

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